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Un autre rapport au travail?

13 mai 2011 in L'actu de la coopérative by Olivier JOUAN

Palais d'Iena

 

Port Parallèle est invité le 10 juin à présenter l’entrepreneuriat coopératif lors du colloque: « nouvelles formes d’emploi et nouvelles formes de travail… Un autre rapport au travail? ».

Comment les coopératives d’activités et d’emploi participent-elles à l’émergence de salariés responsables, autonomes, créatifs, sources de croissance? C’est à partir de cette question que nous allons exposer l’originalité des CAE et leur projet politique visant à transformer le rapport au travail, au salariat et à l’entrepreneuriat.

Vendredi 10 juin de 8h30 à 12h00

Colloque organisé par L’Emploi En Forme et animé par Hervé Seyriex, Patricia Serman et Jean-Philippe Aurand.

 

Transcription de notre intervention:

« Je vais vous faire part de nos convictions sur la question que vous posez aujourd’hui lors de ce colloque et surtout je vais vous apporter une forme d’éclairage sur l’état d’esprit dans lequel nous travaillons sur cette fiction juridique qu’est le lien de subordination – fiction au sens ou ce mot ouvre sur l’imaginaire, la créativité et donc la possibilité de transformer-. Rapidement pour nous situer dans le paysage, naissance en 1995, aujourd’hui 75 CAE réparties en 145 établissements, 5000 entrepreneurs accompagnés et salariés. Cohabitent dans nos entreprises coopératives une mission d’intérêt général et une activité commerciale classique, celle des entrepreneurs qui exercent dans les domaines d’activités les plus variés, pas uniquement dans le monde de la consultance.

Notre mission d’intérêt public consiste à être un lieu d’apprentissage à l’entrepreneuriat. Ne nous trompons pas, les CAE ne sont pas à ranger dans la case insertion comme on le fait bien souvent. En effet, les politiques publiques, incapables de penser la fin du pacte fordiste rompu il y a 30 ans ont balancé entre crispation sur les acquis de la période antérieure et l’accompagnement social de la précarisation des travailleurs. Et voilà comment on nous a classé là dedans, dans le secteur de l’accompagnement social mou et caritatif du capitalisme financier. Réformer ne consiste pas à s’adapter à l’injustice du monde mais de se donner les moyens théoriques et pratiques de les faire reculer.  Le desserrement du lien de subordination s’inscrit bien pour nous dans une logique de justice sociale, dans une pratique de réformisme. Nous ne sommes pas un pansement de plus sur les plaies ouvertes par le marché total. Nous nous inscrivons bien dans un mouvement émancipateur. J’ajouterai que le desserrement du lien de subordination est dans les gènes des coopératives. Au 19 ème siècle les pionniers de la coopération voulaient abolir le lien de subordination.

Le démantèlement du pacte fordiste permet d’envisager un nouveau pacte social qui se fonderait sur la liberté et la responsabilité des personnes et non plus sur la subordination ou leur programmation. Ce nouvel état professionnel des personnes permettant l’exercice d’une réelle liberté de choix tout au long de la vie. Lorsque le contrat de travail n’est plus porteur de sécurité économique et sociale il faut doter les personnes d’un statut professionnel assurant une véritable sécurité.

Les CAE s’insèrent dans cette réflexion sur la sécurité des trajectoires professionnelles. Ce concept d’état professionnel des personnes ou de tirages sociaux découle de cette idée fondamentale qui consiste à adapter l’économie aux besoins des personnes et non pas l’inverse.

En sommes sur la question du desserrement du lien de subordination, nous n’accepterons pas de faire le jeu de la commission européenne comme de toutes les autres grandes organisations internationales et de leur seul mot d’ordre : réformer le marché du travail dans un sens qui plie les salariés aux impératifs de la recomposition permanente du tissu productif dans le seul but de maximiser la création de valeur comme elles disent, euphémisme pour parler des dividendes pour les joueurs d’une économie réduite à l’état de casino.

Le risque est grand à vouloir travailler la question du lien de subordination de se retrouver à participer au démantèlement des sécurités attachées au travail et au retour d’une exploitation des plus faibles, bien entendu conduite au nom de la liberté individuelle. Liberté de se faire payer en dessous du tarif conventionnel, de travailler 15 heures par jours, de ne jamais prendre sa retraite, de travailler le dimanche plutôt que de le passer avec sa famille etc.

Bien conscients du pli que prend notre époque consistant à déconstruire le droit social nous ne cherchons pas à jouer les démiurges en introduisant des innovations dans la relation contractuelle ; nos innovations, nous les conduisons avec les centrales syndicales notamment, présentent à notre comité de pilotage national et nous incitons les entrepreneurs salariés à se saisir des IRP. Tout le droit social était construit sur une mise en doute méthodique du consentement du faible à la volonté du fort. Cela reste d’actualité pour nous.

Tout d’abord nous raccordons l’entrepreneuriat aux solidarités collectives avec notre pratique d’entrepreneuriat salarié et collectif. Nous sécurisons des parcours de porteurs de projets à l’inverse, il faut bien le reconnaître des prescriptions actuelles renforçant le mythe de l’entreprise individuelle, seule face au marché et l’atomisation des individus.

Nos contrats sont assez classiques au fond si ce n’est leur préambule qui présente la démarche de l’accompagnement au projet d’entreprise et la position d’entrepreneur de la personne au sein de l’entreprise partagée.

Nous ne mentionnons aucun lien hiérarchique ce qui n’empêche pas le lien juridique de subordination potentielle pour ne pas risquer le délit de marchandage. Nous cherchons à reconquérir l’autonomie pour les entrepreneurs salariés par une identification des habiletés et des connaissances plutôt que des compétences. Nous avons rompu avec le contrôle au profit de la responsabilité de chacun, responsabilité de chacun qui prend corps dans le respect des règles du jeu collectif (règlement intérieur par exemple). Cette dissolution de la subordination encourage d’autres formes de travail. Cette liberté retrouvée retisse de la solidarité, du travail collaboratif, des communautés de production entre des porteurs de projets qui intègre une entreprise partagée plutôt que de créer tout seul dans leur coin.

Mais alors qu’est-ce qui garantit le pacte social à l’intérieur de nos coopératives ? Encore une fois c’est le droit. Les statuts coopératifs font que les entrepreneurs salariés  sont les usufruitiers de nos entreprises. Les entrepreneurs contrôlent leur outil de travail devenu une entreprise partagée qui n’appartient à personne en particulier. La place particulière des entrepreneurs salariés dans l’entreprise s’inscrit dans une logique de responsabilité. Nos statuts qui encouragent tout le monde à devenir sociétaire mettent les entrepreneurs en capacité de vérifier que nos pratiques sociales ne leurs sont pas défavorables et qu’elles ne sont pas une forme de flexibilité au service du marché total. »

Port Parallèle en vidéo

29 mars 2011 in L'actu de la coopérative by Olivier JOUAN

Une contribution de l’école EMC pour découvrir l’entrepreneuriat collectif en image

Tous nos remerciements à Akila HAFIAN, Robin DEPOND, Nathalie CANARD-BECHADE

http://www.emc.fr/

 

La coopérative dans: Les Echos

9 février 2011 in A la Une by Olivier JOUAN

Découvrez la tribune sur:

http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/politique-eco-conjoncture/221133207/pourquoi-faut-encourager-lentrepreneuriat-colle

15 bonnes raisons de rejoindre Port-Parallèle

20 juillet 2010 in L'actu de la coopérative by Olivier JOUAN

  • Vous développez votre activité de manière autonome.
  • Vous êtes propriétaire de votre marque.
  • Vous bénéficiez de la protection sociale des salariés tout en étant chef d’entreprise grâce au statut d’entrepreneur – salarié.
  • Vous reconstituez, ou pérennisez, des droits : retraite, retraite complémentaire, chômage, sécurité sociale, prévoyance.
  • Vous créez votre entreprise tout en conservant vos droits : indemnisation chômage ou allocation RSA jusqu’à ce que votre chiffre d’affaires vous permette de vous rémunérer.
  • Vous démarrez votre activité en douceur, sans rupture brutale de droits : vos premiers revenus professionnels sont éventuellement cumulables avec votre allocation chômage.
  • Si votre tentative de création d’entreprise n’est pas concluante, la rupture de votre contrat de travail vous donnera accès à l’allocation chômage en fonction de vos droits et de l’évolution de la législation.
  • Vous bénéficiez d’un cadre juridique et comptable, Port parallèle assure pour les créateurs les démarches administratives et comptables. Vous pouvez ainsi concentrer tout votre potentiel de travail sur les prestations et services que vous commercialisez.
  • Port parallèle émet les factures et les suit avec vous.
  • Vous suivez votre activité sur le plan financier grâce au service de contrôle de gestion et aux outils de suivi individualisés : tableaux de bords, suivi de trésorerie, suivi de facturation, suivi du chiffre d’affaires.
  • Vous testez votre activité dans un cadre sécurisé. Vous développez votre capacité à produire vos services et prestations, à commercialiser et à prendre des décisions.
  • En renforçant la préparation à la création d’entreprise, Port Parallèle réduit le taux d’échec et les situations de précarité.
  • Une fois l’activité consolidée, vous pouvez quitter Port Parallèle en créant votre propre entreprise ou bien poursuivre votre activité au sein de Port Parallèle en tant qu’associé.
  • Port Parallèle organise des synergies professionnelles en mutualisant ses ressources humaines autour de projets.
  • Port Parallèle vous apporte progressivement, en fonction de vos besoins et de votre temps disponible, du conseil en gestion, marketing, management de projet, management d’équipe.